Imaginaire correctif

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Les combats politiques se nourrissent d’images, construisent leurs mythes, au risque d’opérer parfois de petits arrangements avec la réalité. Les opposants au transfert de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes se sont ainsi forgés un imaginaire fait de bric et de broc, de bons sentiments et des meilleures intentions. Leur discours s’articule ainsi :

Cet aéroport est le rêve de grandeur d’une région. L’ouest a une belle campagne, c’est tout ce qu’on lui demande. C’est un projet antédiluvien qui date de l’époque du Concorde, d’un baril qui n’était pas encore à 100$. Ce projet inutile met en danger la terre nourricière.

Mais les meilleures intentions se révèlent parfois porteuses des idéologies les plus conservatrices. Qui veut faire l’ange fait la bête.

1 – Une décentralisation jamais accomplie – En France, Paris accapare 71% du trafic international. Nice ville placée en 2ème position absorbe déjà près de 10 fois moins de trafic.

Des opposants au transfert continuent malgré tout d’expliquer doctement (Les pistes de la géographie – Globalmagazine) qu’une fois Rennes à 1h30 de Paris, l’aéroport de Nddl devient inutile. L’inconscient centralisateur est tellement fort qu’il devient pour certains difficile d’imaginer que les régions à forte natalité et fort développement deviennent autre chose qu’un arrière-pays pour aller y passer ses week-ends.

2 – Tous à la campagne – Si la meilleure façon d’aménager le territoire pour atténuer le changement climatique ne fait pas consensus (Pour l’atténuation du changement climatique, quelle est la contribution possible de l’aménagement du territoire ? – Cybergeo), en revanche la pire est bien connue : empêcher la construction aux abords des villes pour aller construire des habitations à la campagne. Dans cette pire solution, vous aurez pourtant reconnu les recommandations implicites des anti-Nddl -agrandir l’actuel aéroport aux portes du périphérique et accueillir les nouveaux arrivants en 3e et 4e couronne- qui implique qu’à terme les mouvements pendulaires habitation-travail se rallongent et se multiplient.

Le département des Pays de la Loire dont les rejets de CO2 par habitant sont les plus élevés n’est pas Nantes et la Loire-Atlantique, mais la Vendée dont la concentration urbaine est plus faible. La vie à la campagne a un prix écologique que les toilettes sèches et le tri sélectif ne remboursent pas.

3 – Un baril de pétrole à 100$ – D’autres vous expliqueront, graphique effrayant à l’appui (Notre-Dame-des-Landes : un projet de 1967 pour répondre aux défis de notre temps – Pierre Deruelle), que le choc pétrolier de 73 a rendu caduc tout nouveau projet aérien. Les économistes qui prévoyaient des jours heureux en 2007 risquent de voir leur club de futurologues s’agrandir.

« La consommation de carburant calculée par kilomètre et par siège a été divisée par 4, ce qui fait que la consommation de pétrole liée a vu sa part passer de 7 à 5 % » (La construction aéronautique civile face à sept défis – La jaune et la rouge)

En tenant compte, non plus du dollar, mais du nombre d’heures travaillées comme base de calcul, nous obtenons le graphique suivant (Optimisation spatio-temporelle des pratiques de tourisme – V. Bagard) :

Il ne s’agit pas non plus de faire preuve de naïveté, de ne plus surveiller les émissions de gaz à effet de serre du secteur (Réduction du bruit et des émissions polluantes au voisinage des grands aérodromes civils – Hugrel Charlotte), il s’agit seulement de rester rationnel.

Il est cependant étonnant que ceux qui attendent tant des progrès de l’ingénierie dans la fabrication de l’acier (Ulcos) ou des techniques pour exploiter l’énergie marémotrice ne considèrent pas les espoirs de progrès de l’aéronautique (Réduire de 50% la consommation des avions d’ici 2020 – Futura-sciences).

4 – Projet conçu pour un vieux coucou comme le Concorde – Inutile de dire que les connexions de cuivre qui datent de la préhistoire des télécommunications téléphoniques vous servent encore pour vos connexions ADSL. De même que les grandes sœurs des éoliennes qui ont jadis asséché les polders produisent aujourd’hui de l’énergie. Les zadistes iront-ils, tels de valeureux Don Quichotte, s’y s’attaquer ?

Quelle logique y-a-t-il à évoquer l’histoire liée à une infrastructure ? Un bon mot dans un discours (L’ayraultport vu par Cécile Duflot) ?

Agriculture-en-France5 – Sans ces terres, point d’autonomie alimentaire – Si tous les fugueurs (Deux ados fugueurs se livrent aux gendarmes – Ouest-France) sèchent les cours pour rejoindre la Zad, ils ne pourront pas apprendre que la France est la 1ère agriculture de l’UE et la deuxième au rang mondial pour l’exportation de produits agroalimentaires. Les déclinistes ont parfaitement atteint leur objectif si la population croit que nous dépendons de l’étranger pour notre alimentation. Notre balance commerciale agricole est largement excédentaire, nous sommes en surproduction. Nous devons donc apprendre à produire mieux en moins grande quantité.

Si les activistes vivaient davantage dans un engagement internationaliste, comme au bon vieux temps du rock’n roll, ils prolongeraient peut-être leurs questionnements : la politique agricole de l’UE n’empêche-t-elle pas des pays plus fragiles de développer leur agriculture ? C’était mieux avant ma p’tite dame, on essayait de penser de façon globale et internationaliste !

6 – Autosuffisance – Les activistes se font croire qu’ils peuvent parvenir à l’autosuffisance alimentaire. Peut-être se sont-ils fait illusion en fermant les yeux sur les dons qui leur parvenaient. Peut-être se sont-ils également aperçus que cette terre n’était pas faite pour cultiver un potager. Ces terres sont acides et humides, et donc réservées à l’élevage.

Pour l’alcool, ils ont dû juger qu’ils ne maîtrisaient pas suffisamment le processus de fermentation, la solution a donc été plus radicale : le pillage d’une grande surface (Interpellé après le pillage de Carrefour, samedi, le zadiste a été remis en liberté – Ouest-France). C’est plus rapide et moins coûteux en efforts.

Nantes, en plus d’abriter des égoïstes écologiquement irresponsables, a vu naître quelques écrivains comme Jean Rouaud. Ce dernier s’est prêté au jeu en vogue dans les années 70 : descendre dans le sud pour y vivre en communauté autonome. En fait d’autosuffisance et d’autonomie, Jean Rouaud nous raconte que ces communautés vivaient davantage de combines et de vols dans les résidences secondaires que du fromage de brebis, bien loin de l’image d’Épinal que nous en avons. Nos zadistes reviendront peut-être un jour sur leurs expériences, et s’il naît un écrivain, ces manifestations n’auront pas servi à rien.

Des expériences communautaires sont effectivement parvenues à leurs fins, mais il s’agissait de communautés, tels les kibboutz, pourvues d’un haut niveau de qualification et pas seulement de bonne volonté.

7 – Politique spectacle – La société du spectacle qu’ils dénoncent, ils en usent et en abusent. Comparez la mise en scène des élus EELV lors d’une opération de désobéissance civile -comment ces élus qui écrivent et votent les lois pourraient-ils désormais vouloir les faire respecter ?-

À l’opposé des élus locaux qui travaillent sur le dossier depuis des années, pour finir par se retrouver devant trois journalistes.

8 – Imaginaire collectif entre Mad Max et Heidi – Les politiques ont voulu jouer au feu avec des activistes qui oscillent entre Mad Max et Heidi. Mais on ne lit pas l’histoire de la Commune dans le Reader’s Digest, et nos campagnes ne sont pas Disneyland. Entre l’esprit festif et l’irrationnel des passions politiques, cette bataille dépasse désormais l’enjeu du seul aéroport.

Dans cette bataille, le seuil de l’irrationnel a été franchi lorsqu’un couple allemand est venu manifester avant d’être interdit de séjour sur la zone (3 opposants condamnés – Le Monde). L’Allemagne, plus gros pollueur d’Europe, va maintenant jusqu’à exporter ses activistes verts. Quand verrons-nous arriver des américains venir protester contre les rejets de CO2 des européens ?

Au fond, continuerait-on d’opposer une réponse rationnelle à chaque question irrationnelle (Notre-Dame-des-Landes : une autre approche – Le Monde), le problème évoluerait-il pour autant ? À entendre le discours des opposants, je crains que non.

Quand découvriront-ils que l’entreprise Vinci a pris le nom d’un homme qui a inventé des armes de guerre, et que la déclaration d’utilité publique a été signée le 06/06/06 ? -coïncidence ? je ne crois pas-

[ Les autres articles du blog sur le sujet : ici
Le cirque : environnement et démocratie
De quoi l’opposition à #NDDL était-elle le nom
« Il ne faut pas désespérer Notre-Dame-des-Landes »
La démocratie du clic et l’expert 2.0
L’ère du doute… mais jusqu’au bout ]
photos : Flickr/US National Archives The Commons
Maider López’s orchestrated traffic jam on Mount Aralar
Flickr/Smithsonian Institution The Commons
La guerre des boutons

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11 réflexions sur “ Imaginaire correctif ”

    1. Merci, je l’avais lu de façon moins détaillée ailleurs. La principale difficulté dans le secteur reste, je crois, les températures d’utilisation.

  1. @ Gaëtan Jarnot : je souhaite discuter vos différents points pour avoir plus de précisions,
    1/ Pensez-vous véritablement que construire un nouvel aéroport et le déclarer international suffit à créer de nouvelles lignes Los Angeles – NDDL ou New York – NDDL ? En effet, Nice occupe la 2ème place du trafic international. Pour les vols vers l’Amérique du nord, il n’existe qu’une ligne régulière vers NYC avec 4 vols par semaine, la ligne vers Montréal n’est pas régulière – http://www.nice.aeroport.fr/Passagers/HORAIRES-VOLS/Choisir-sa-destination/Carte-des-destinations-directes -. Cette ligne existe car il y a une demande pour aller sur place (entre Cannes, Nice et Monaco à 1ère vue) mais à Nantes, existe-il cette demande de lignes ? La ligne Montréal-Nantes n’est pas régulière non plus, tout comme les vols vers NYC, pensez-vous qu’en créant une nouvelle infrastructure cela suffira à créer de multiples lignes du même genre ?

    2 / Connaissez-vous Nantes ? Pour y habiter, je tiens à dire qu’en voiture l’aéroport est accessible en minimum 15 minutes depuis le centre ville quand il n’y a pas d’embouteillage, 10 minutes après avoir vu le panneau Nantes barré, ce n’est pas vraiment en pleine ville.

    4 / Il me semble intéressant de souligner que le projet date de plus de 50 ans, en effet, ce projet aurait pu être pertinent dans les années 60, néanmoins, aujourd’hui, est-il vraiment nécessaire de construire un 2ème aéroport puisque malgré tout Airbus veut garder une partie de l’infrastruture actuelle pour le fonctionnement de son usine (2300 salariés) au bord de Nantes-Atlantique ?

    5/ Pour l’indépendance alimentaire de la France, je me permets de vous corriger mais ce n’est malheureusement pas le cas. La France pour les légumes et les fruits est indépendantes à 91% et 59% – http://fr.ekopedia.org/Comment_recr%C3%A9er_un_p%C3%A9rim%C3%A8tre_de_souverainet%C3%A9_alimentaire#cite_note-0 -, pour la viande, elle importe plus de la moitié de ces poulets par exemple, voilà pourquoi l’exemple de l’entreprise Ledou qui a exporté sa production au Brésil est parlante. De plus, une région comme l’Île de France est 100% dépendante du pétrole et n’a de réserves alimentaire que pour 3 jours…

    @ Bureau Jocelyn : en effet, l’opportunité des biocarburants est intéressante, néanmoins, je vous suggère de jeter un oeil aux précisions concernant votre article. Une usine actuelle peut au maximum produire 10 tonnes d’algues par an moyennant (sachant que par exemple un A330-MRTT nécessite 113 tonnes de carburant pour un vol), je doute qu’avec 10 tonnes, on fasse des milliers de litres…

    1. Bonjour,

      1/ Vous avez raison, ce n’est pas une condition suffisante, mais c’est une condition nécessaire.
      2/ Je vous pense de bonne foi, mais je ne crois pas vos temps de trajet réalisables. Même la navette gare > aéroport met davantage de temps. Vous précisez quand il n’y pas d’embouteillage ce qui nous amène, soit à conduire de nuit, soit à remonter l’horloge de 20 ans !
      Et je ne comprends pas le sens de votre question : vous vous réjouissez que l’aéroport soit proche du centre de Nantes, tout en n’étant pas dans le centre-ville ? En effet, la piste se situe à l’extérieur du périphérique, à une distance d’1 km.
      4/ (pas de 3?) Oui, comme vous avez dû le comprendre en me lisant, je pense qu’il est nécessaire de transférer l’aéroport. De nombreux projets de construction attendent son transfert. Les 3 bélugas par semaine qui pourraient y atterrir déclasse l’aéroport en tant qu’aéroport commercial.
      5/ Oui, la France importe des bananes, des ananas et des framboises en hiver.
      Je pense que vous vouliez parler d’indépendance alimentaire parce que l’IDF possède des puits de pétrole !
      Si l’on considère la ville de Nantes, l’autonomie alimentaire doit être la même qu’à Paris puisque les agriculteurs ne sont pas tentés pour venir faire de l’agriculture de proximité sur les milliers d’ha en friche de l’agglomération urbaine. Ce sont des surfaces éclatées, sans doute peu propices à l’élevage intensif.
      Concernant les biocarburants, les petites quantités sont produites dans le cadre de recherches et développement. Le procédé ne devrait pas être utilisé à échelle industrielle demain, ni après-demain.

      Je vous remercie pour votre contribution

    2. Bonsoir Brieuc,

      Si je peux me permettre, deux petites précisions quand à vos points :
      2) Le fait que l’aéroport de Nantes Atlantique soit proche du centre ville est précisément un des problèmes actuels : il occasionne des nuisances pour les riverains, fait passer les avions près d’une zone Natura 2000 (le lac de Grand Lieu), et consomme une place qui pourrait être utilisée pour un développement plus mesuré de l’agglomération Nantaise qui doit lutter contre l’étalement urbain.
      4) Si le projet a été évoqué une première fois dans les années 60, la Déclaration d’Utilité Publique a été réalisée en 2008, après une dizaine d’années d’études, de concertations, et de recherches sur la faisabilité et l’impact du projet.

      Bien à vous,
      Arnaud, de Vinci Airports

  2. Cher Gaëtan Jarnot,

    Il n’est pas déplaisant de constater que le romantisme bobo n’a pas – encore – conquis l’ensemble de la planète. Quelque peu exaspéré par l’hystérie collective qui a gagné les plus mesurés de mes amis, qui semblent avoir perdu tout sens commun au profit d’une lecture manichéenne et singulièrement réductrice de cette affaire, j’ai lu avec grand bonheur deux des papiers que vous lui consacrez (avec la démocratie du clic…). Et les ai relayés, ne serait-ce que pour contrebalancer le torrent univoque de prose qui se déverse sur les réseaux sociaux. Les responsables du projet, qui semblent tétanisés, pourraient avantageusement s’en inspirer.
    Voisin de la désormais célèbre zone, et donc potentiellement touché, je fais partie des étranges animaux qui disent pourquoi pas « Yes un my backyard ». Cela aurait peut-être pour vertu de mettre un peu d’animation dans le « sommeil épais des campagnes » du nord loire, moqué par Julien Gracq dans La forme d’une ville.
    Techniquement, il est vrai qu’il est difficile de faire la part des choses, mais l’argument de l’étalement urbain est évidemment le plus fort. Vous savez sans doute, et ce n’est pas le moindre des paradoxes, que le périmètre de Nantes Métropole est le seul en Loire-Atlantique a gagner chaque année de la surface agricole en convertissant ses friches. Alors que le département perd l’équivalent d’un aéroport par an du fait d’une boulimie de lotissements horizontaux. Ce que mes amis écologistes se gardent bien de mettre en lumière. C’est peu dire qu’ils ne se grandissent pas dans cette affaire.
    Un peu d’indépendance d’esprit n’est pas un luxe par les temps qui courent. Vos chroniques sont les bienvenues.

    Bien à vous
    Ph.D.

  3. Bonsoir,

    Et avant toutes choses, un grand merci pour votre article complet et très fouillé !
    Si je peux me permettre d’ajouter un détail sur le sujet des carburants : l’un des arguments que l’on entend régulièrement est qu’une seconde piste est inutile, puisque de grands aéroports comme San Diego font beaucoup plus de rotations avec une piste unique. C’est exact et incomplet : ce faisant, ils obligent les pilotes à patienter en vol ou avant le décollage, et organisent des manoeuvres d’approche bien plus longues pour organiser les couloirs aériens. Ce faisant, ils créent une consommation de carburant supplémentaire et superflue, puisque ce sont durant ces moments que l’avion consomme le plus.

    Paradoxalement, une seconde piste pour organiser les décollages d’un coté et les atterrissages de l’autre est donc une solution à moindre impact environnemental.

    Bien à vous,
    Arnaud, de Vinci Airports

  4. Bonjour,
    Votre papier fait du bien et amène un peu de sérénité dans le débat. Au delà des différents arguments énconcés par les opposants et contredits par les partisans dont nous sommes sans être tétanisés bien au contraire, votre article pose de manière induite la question du modèle de société que nous souhaitons. Celui d’un repli sur soi où comme vous le dites si bien « La vie à la campagne a un prix écologique que les toilettes sèches et le tri sélectif ne remboursent pas » ou celui du développement dans lequel nous souhaitons construire un modèle de croissance raisonné et innovant qui nous permette de faire face à la concurrence internationale. C’est parce que l’ouest disposera d’infrastructures compétitives que les entreprises y resteront, s’y installeront et crééront de l’emploi. Et l’aéroport de Notre Dame des Landes en est un élément indispensable.
    Sans revenir sur les éléments qui fondent notre conviction que ce transfert est indispensable-car c’est un transfert, nous souhaitons juste illustrer par quelques exemples les contradictions des opposants voire d’ élus qui, sans états d’âme et sans scrupules (mais en ont-ils conscience? ) soutiennent des thèses qui vont à l’encontre des faits, notamment sur l’environnement, et qui ne méritent guère plus d’explications :
    1/« A l’avenir, le développement de cette desserte se fera davantage par des lignes directes, nationales ou internationales. Il s’agit là d’un élément clé pour l’avenir de ces métropoles, qui apparaît d’autant plus indispensable que monte en puissance la perspective de la saturation des aéroports parisiens. Vous serez d’accord avec moi pour reconnaître que nous avons un effort particulier à réaliser en faveur du rééquilibrage de la localisation des équipements vers l’ouest de notre pays. C’est pourquoi il a semblé nécessaire, compte tenu des nuisances qui pesaient sur les habitants de Nantes, de déplacer l’aéroport actuel sur le nouveau site de Notre-Dame-des-Landes, à une douzaine de kilomètres au nord de la ville » Dominique Voynet-30 Octobre 2000 lors de la séance des questions au gouvernement
    2/ En 2007, les défenseurs de l’environnement écrivaient à propos de ce projet « il semble évident que ce projet contribuera d’une manière appréciable à la décentralisation du trafic parisien. Il évitera à des provinciaux une inutile et nuisante correspondance à Paris. Aujourd’hui certains d’entre eux défilent contre l’aéroport. Ce serait bien de leur rafraîchir la mémoire » Laurent Guimier Europe 1 le vrai faux l’info-22 novembre 2012 http://www.europe1.fr/MediaCenter/Emissions/Laurent-Guimier/Videos/Pas-de-mafia-de-l-aeroport-1320705/
    3/« Ce débat public a été conçu dès l’origine de façon bien structurée » selon le bilan de la Commission nationale du Débat Public . Les opposants ont pu s’exprimer librement comme tout citoyen et ont même eu un temps de parole supérieur aux autres comme l’a confirmé jean Bergougnoux, le Président de la commission qui a rendu public les temps de parole:
    – les opposants au projet ont disposé de 10 heures et 57 minutes
    (soit 54,75 % du temps),
    – le maître d’ouvrage de 3 heures et 20 minutes (16,67 %),
    – les partisans du projet de 3 heures et 2 minutes (15,16 %)
    – La CPDP de 2 heures et 41 minutes (13,42 %)

    bravo pour votre papier et le recul que vous avez su prendre

    L’Acipran

    1. Bonjour et merci,
      Je ne sais pas si je peux à moi seul faire baisser le niveau de conflictualité dans ce débat !
      À mon avis, il s’agit moins d’un problème de « modèle de société » que de perception des problèmes à résoudre.
      Une majorité des opposants ont leur smartphone, sont connectés, voyagent… et veulent se sentir utiles dans leur engagement au milieu d’une communauté d’âmes sœurs ! L’ivresse des certitudes aidant, les passions politiques deviennent vite irrationnelles, mais c’est la loi du genre…
      Les politiques et les journalistes sont pour ma part, beaucoup plus responsables. Les premiers d’avoir fait preuve d’opportunisme en venant surfer sur une vague contestataire, les deuxièmes de ne plus faire leur travail d’information, en relayant des témoignages sans enquête.
      J’ignorais par exemple le 3ème point concernant le temps de parole. Où ces informations sont-elles disponibles ? Dans l’enquête préalable à la DUP ? http://www.loire-atlantique.equipement-agriculture.gouv.fr/Politiques-publiques/Amenagement-du-territoire-et-urbanisme/Transfert-de-l-aeroport/L-enquete-prealable-a-la-declaration-d-utilite-publique-DUP
      J’aimerais que ces documents soient plus accessibles en ligne -le pdf seul est illisible pour aller chercher l’information-, même si leur accessibilité ne résoudra pas à elle seule le problème.

      Merci pour votre contribution et vos informations

  5. Pour mémoire, et pour étayer l’argument sur l’étalement urbain, ce volet d’une enquête sur le sujet, réalisée en 2011 :

    Plus de 1 000 hectares de surfaces agricoles disparaissent chaque année en Loire-Atlantique mais l’hémorragie est stoppée sur Nantes Métropole.

    « L’agriculture est très concernée en Loire-Atlantique par la problématique péri-urbaine, surtout dans le vignoble, autour de Nantes et de Saint-Nazaire. Le département consomme en moyenne 1 000 hectares par an pour l’urbanisation, qu’il s’agisse d’infrastructures, d’habitat ou de zones d’activité. » Francis Migonneau, le directeur de la Chambre d’agriculture, ne cache pas son inquiétude devant la réduction constante et régulière des surfaces agricoles sur le département, rappelant au passage que l’agriculture reste un des piliers de l’économie départementale avec un chiffre d’affaires d’un milliard d’euros. Pour autant le responsable ne veut pas se montrer trop pessimiste sur le long terme « la courbe est stabilisée, le grignotage augmente toujours mais moins vite, et les premières mesures de protection commencent à produire leurs effets, en particulier dans l’agglomération nantaise. »
    De fait, dans un département peu contraint par la géographie, l’espace a longtemps paru inépuisable et la prise de conscience du phénomène a été relativement tardive, au milieu des années 90. Les premières mesures conservatoires n’ont été engagées qu’au début des années 2 000. « Il faut comprendre, par ailleurs, que la disparition de surfaces n’est pas le seul problème auquel est confrontée l’agriculture. L’avancée de l’urbanisation pose des problèmes d’atomisation, de mitage et de cohabitation » ajoute Jean-Noël Chaucesse, directeur territoire à la Chambre « l’agriculture ce n’est pas que de l’espace, c’est aussi des flux, des liens, des contraintes de circulation. » La terre est également un outil de travail dont la valeur est chahutée par l’avancée de la ville. Certains acheteurs déboursent ainsi 40 000 euros pour acquérir un hectare destiné aux activités de loisirs alors que le prix moyen du foncier agricole se situe aujourd’hui autour de 2 000 euros. Les activités de loisirs occupent aujourd’hui 6 000 hectares sur le seul périmètre de Nantes Métropole, dont 1 500 hectares réservés aux activités équestres.
    « Il faut rester optimiste » tempère Francis Migonneau « nous faisons du bon travail avec Nantes Métropole depuis la convention signée en 2 000, et les surfaces sont effectivement préservées sur l’agglomération urbaine. » Mieux, la collectivité et la chambre se sont lancées dans une politique de reconquête des friches agricoles qui permet à de jeunes exploitants de s’installer et de développer des activités adaptées au milieu urbain, notamment les circuits courts qui autorisent des relations directes entre producteurs et consommateurs. Il y a ainsi plus d’une centaine de producteurs qui pratiquent aujourd’hui la vente directe sur le territoire de Nantes Métropole. Il s’agit d’un travail « chirurgical » certes anecdotique en termes de chiffre d’affaire « mais nous constatons de superbes réussites économiques dans le péri-urbain. »
    La question du grignotage des terres agricoles n’en reste pas moins posée sur tout le reste du département (à l’exception des secteurs d’Ancenis, Chateaubriant et Redon où la pression urbaine est plus faible) où la réflexion et les mesures conservatoires sont moins avancées. « Nous attaquons tout juste le travail avec la Communauté de communes Loire et Sillon, et nous savons par expérience qu’il faut une dizaine d’années entre le début de la réflexion avec les collectivités et les résultats effectifs sur le terrain. »

    1. Merci pour ces informations. Il est rassurant de savoir que de jeunes exploitants viennent reconquérir des friches en milieu urbain, même si ça reste pour l’heure symbolique.
      Concernant la région, j’ai retrouvé cette étude de l’INSEE datant de 2009 : En Pays de la Loire, les maisons grignotent les champs
      Ce sont les croissances démographique et économique (dont nous pouvons nous réjouir) qui sont la cause de ce grignotage.
      Et j’avais tort en ce qui concerne le littoral, c’est une des zones où la natalité est la plus forte -ça m’apprendra à écrire sans m’être documenté-
      Je vous laisse lire l’étude très intéressante dans son intégralité, mais les préconisations sont sans surprise :

      Une gestion durable du sol, passant notamment par une densification des formes urbaines, permettra d’amoindrir tensions foncières et conflits d’usage entre activités agricoles, habitat et développement économique.

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