Carson McCullers

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Au Revoir Là Haut
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Pierre Lemaître, lauréat du prix Goncourt 2013 avec Au revoir là-haut beau roman sur la Grande Guerre, rend un hommage appuyé aux auteurs qui l’ont inspiré :

Au fil du texte, j’ai emprunté ici et là, à quelques auteurs : Émile Ajar, Louis Aragon, Gérald Aubert, Michel Audiard, Homère, Honoré de Balzac, Ingmar Bergman, Georges Bernanos, Georges Brassens, Stephen Crane, Jean-Louis Curtis, Denis Diderot, Jean-Louis Ézine, Gabriel García Márquez, Victor Hugo, Kazuo Ishiguro, Carson McCullers, Jules Michelet, Antonio Muñoz Molina, Antoine-François Prévost, Marcel Proust, Patrick Rambaud, La Rochefoucauld, et quelques autres.
Qu’ils considèrent ces emprunts comme un hommage.
Le personnage de Joseph Merlin, librement inspiré de Cripure, et celui d’Antonapoulos, inspiré du personnage homonyme, sont tous deux le signe de mon affection et de mon admiration pour Louis Guilloux et pour Carson McCullers.

On ne peut pas se dérober aux conseils d’un auteur qui admire Louis Guilloux (il faut au moins lire Le Sang noir). Pour ne pas avoir à choisir entre Le cœur est un chasseur solitaire et La Ballade du café triste on se tournera vers l’édition Livre de Poche qui rassemble tous les Romans et Nouvelles de Carson McCullers.

L’oeuvre de McCullers est une continuelle variation sur le thème de la solitude avec le Sud des États-Unis des années 40-50 comme toile de fond. Ses personnages aiment toujours passionnément, mais sans jamais être aimés en retour. Techniquement, le récit progresse comme un morceau de Bach, par contrepoint : chaque personnalité s’enrichit chaque fois qu’il s’accorde  ou s’oppose aux autres personnages.

Pierre Lemaître n’est pas le seul à avoir été marqué par la lecture de Carson McCullers. Notre dernier prix Nobel de littérature Patrick Modiano évoque la  « déflagration » provoquée par la découverte du roman d’une toute jeune auteur.

photos : Carsons McCullers Center

Le train entre en gare de Notre-Dame-des-Landes

lgvDans le tracé des nouvelles liaisons ferroviaires Ouest Bretagne – Pays de la Loire, seule une nouvelle gare devrait voir le jour : celle de Notre-Dame-des-Landes destinée à desservir l’aéroport déclaré d’utilité publique en 2008. Un fuseau de 50m de largeur est déjà réservé sur le parvis du futur aéroport pour l’aménagement de la voie ferrée et de la gare.

Capture du 2014-12-26 18:13:09L’aéroport sera à terme desservi par la route, le tram-train puis le TGV. Environ 1 million de passagers par an emprunteront la voie ferrée en 2030. 60% des voyageurs proviendront des Pays de la Loire et 40% de Bretagne.

3 trains par heure et par sens (2 Nantes-Rennes et 1 Nantes-Quimper) assureront des temps d’accès réduits à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes depuis tout le Grand Ouest.

tempsdaccesnddlInitialement deux quais de 240 m extensibles ensuite à 400m, accueilleront TER et TGV.

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La position de la ligne ferroviaire et de la gare sont prévues dans un axe Nord-Sud.

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La solution privilégiée pour le passage de la ligne est la tranchée couverte (tunnelier et contournement de l’aéroport ont été écartés pour des questions de coût et de pertinence).

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Retrouvez le rapport complet lnobpl ici.

« l’espèce humaine est désignée comme un coupable et une cible »

Le parfum d’Adam – Jean-Christophe Rufin

 

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Dans ce roman policier, Jean-Christophe Rufin, l’ancien médecin et diplomate aujourd’hui à la retraite promène une jeune écologiste aux quatre coins du monde à la rencontre des mouvements écologistes les plus radicaux. Le roman se laisse lire, mais la partie la plus intéressante est consacrée aux sources utilisées pour l’écriture de l’intrigue. Petit aperçu de la philosophie de l’écologie radicale et de sa littérature en quelques extraits :

William Aiken « Une mortalité humaine massive serait une bonne chose »

Malthus n’est pas mort, lui qui voyait dans les disettes et les épidémies le mécanisme « naturel » qui régule la population et, en la réduisant, l’adapte aux « subsistances », c’est-à-dire aux ressources disponibles.

L’influence de cette pensée ne se limite pas au domaine humanitaire. Il imprègne aussi d’autres idéologies contemporaines et, au premier chef, certains courants écologistes. Les citations de ce livre sont toutes exactes, y compris les plus ahurissantes, comme celle de William Aiken : « Une mortalité humaine massive serait une bonne chose. Il est de notre devoir de la provoquer. C’est le devoir de notre espèce, vis-à-vis de notre milieu, d’éliminer 90% de nos effectifs » (Earth bound : Essays in Environmental Ethics).

Pour des lecteurs français, ce type de déclaration ne peut être le fait que d’extrémistes minoritaires et irresponsables. […] Du coup, on en oublie le visage que peut prendre l’écologie dans d’autres pays, aux États-Unis ou en Angleterre par exemple. Le terrorisme écologique est pourtant pris très au sérieux par les services de sécurité de ces États. Le FBI a été jusqu’à considérer que l’écoterrorisme constituait la deuxième menace aux États-Unis, derrière le fondamentalisme islamiste. Cette opinion est controversée. Certains y voient une manipulation et la discussion est ouverte. Il reste que l’existence d’une écologie violente est incontestable.

Elle s’ancre dans une réflexion théorique largement ignorée en France. […] Cette critique radicale de l’homme est un des autres aspects du renouvellement de la pensée malthusienne contemporaine. Pour l’écologie profonde : « L’homme ne se situe pas au sommet de la hiérarchie du vivant mais s’inscrit au contraire dans l’écosphère comme la partie s’insère dans le tout. » Les conséquences pratiques de cette approche rejoignent les préoccupations « humanitaires » concernant la population. Parmi les fameuses « Huit thèses sur l’écologie profonde » du philosophe norvégien Arne Naess figure celle-ci : « L’épanouissement des cultures et de la vie humaine est compatible avec une substantielle diminution de la population humaine. »

Ce glissement, de l’élaboration philosophique jusqu’à une sorte d’inculpation de l’humanité, est essentiel pour comprendre la genèse d’une violence écologiste

Nous n’avons perçu, en France, que l’écho lointain et adouci de ces postulats. Des penseurs « grand public », de Michel Serres à Albert Jacquard, popularisent des idées apparentées à ce courant de pensée. Mais, en leur prêtant leur voix rocailleuse et leur visage plein de bonté, ils rendent encore plus difficile de comprendre comment de tels concepts ont pu, ailleurs, engendrer une violence extrême et des actes terroristes.

Ce glissement, de l’élaboration philosophique jusqu’à une sorte d’inculpation de l’humanité, est essentiel pour comprendre la genèse d’une violence écologiste. L’action directe et radicale est en effet justifiée, dès lors qu’il s’agit de se dresser contre des crimes plus terribles encore : ceux dont l’espèce humaine se rend coupable contre les autres espèces, et même contre la Nature tout entière. Il est d’ailleurs courant, dans les différents sites Internet consacrés à ces sujets, de lire que l’écoterrorisme dont sont accusés certains militants radicaux n’est que la réponse au « véritable » terrorisme que commet quotidiennement et à grande échelle la civilisation industrielle et, plus généralement, le genre humain.

Même si l’on ne souscrit pas à ses idées, il est assez réjouissant pour un romancier de constater qu’une œuvre de fiction, [un roman de Edward Abbey] The Monkey Wrench Gang, est parvenue à exercer une influence aussi décisive sur la réalité. L’épopée assez branquignolesque d’une bande de saboteurs de chantiers qu’Abbey décrit dans une langue inimitable, a servi de bréviaire à toute une génération d’activistes qui ont suivi son programme quasiment à la lettre.

À partir du moment où l’espèce humaine est désignée comme un coupable et une cible, tout devient possible, et seule change l’échelle à laquelle se conçoit l’action.

"Qu'on ne dise pas que je n'ai rien dit de nouveau: la disposition des matières est nouvelle" Pascal