Galerie funeste : le suicide dans la fonction publique

Attribuez à chaque profession son taux de suicide : 11,7   35   39 (moyenne sur une année pour 100 000 employés)

  • Enseignants
  • Policiers
  • France Télécom

Indice :

Mais il s’avère qu’on attente moins à sa vie chez France Télécom que dans l’ensemble de la population française en âge de travailler : avec 11,7 suicides pour 100 000 employés en 2007 et en 2008, contre 21,6 pour 100 000 Français de 25-65 ans en 2006, selon l’Inserm. En France, les professions les plus vulnérables sont les policiers, avec 35 cas pour 100 000. Et les enseignants, où l’on déplore 39 cas pour 100 000.
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On attend impatiemment qu’à l’instar du patron de France Télécom, les ministres de l’Education nationale (Luc Chatel) ainsi que de l’Intérieur (Brice Ultimate Hortefeux) soient convoqués par le ministre du travail… anciennement ministre de l’Education nationale ? ah oui?
Faire de la comm’ à bon compte en faisant savoir qu’on a téléphoné à Didier Lombard pour accélérer les négociations, traiter les dossiers les plus brûlants (les sujets du 13h de Pernaut), et fermer les yeux sur les conditions de travail dans la fonction publique… seuil d’incompétence atteint.

Illustration : le suicide d’Ajax

Homère, le père Noël et moi (I)

Quelle joie d’étudier l’Odyssée d’Homère en 6ème… de l’aventure, des personnages et créatures extraordinaires, des pays tous plus exotiques les uns que les autres, un héros téméraire…
Non, c’est pas vraiment ça… ça ressemblerait plutôt à « j’comprends rien… », ou beaucoup plus drôle -le talent n’attend pas le nombre des années- « Homère, comme dans les Simpson! »
Alors on s’acharne, on essaie d’y croire que le niveau baisse pas.
– Quelle est la partie que tu ne comprends pas ?
– Bah… tout !
On reprend les chapitres les uns après les autres.
– Qui a compris ce passage ?
Oui, on avance, on avance, courage…
On avance, mais on s’ennuie…
Vite, vite, mettre l’apprenant en activité, il ne faudrait pas qu’ils s’ennuient ces petits, c’est un coup que la môman d’un de ces chérubins s’insurge contre mes pratiques pédagogiques… donc on zappe, comme à la maison devant la télé, et comme l’IUFM me l’a bien appris : un élève qui s’agite a besoin de bouger. Du théâtre alors ? Difficile, notre Ulysse est sur son navire dans la tempête. Je leur ferais bien faire le vent… tous souffler dans le même sens pendant vingt minutes, ça pourrait en épuiser quelques uns. Fin de cours paisible : plus de souffle, plus de bavardages, plus de bruit… Reste plus qu’à justifier l’exercice… au nom d’un enseignement transversal ? J’ai pas pensé à prévenir le prof de sport, ça va faire louche. J’abandonne l’idée.
Les bavardages se font de moins en moins discrets, je sors la botte secrète du prof qui veut voir travailler ses élèves et se délasser un peu les jambes entre les rangs.
– Sortez une feuille : rédaction, j’en ramasserai quelques unes…
Quelques unes pas toutes… marre de se coucher à pas d’heure pour corriger des copies illisibles qui me parlent de jeux vidéos.
– Le sujet …
Et c’est là ce qui fait de toi un bon ou un mauvais prof : la capacité à inventer un sujet bidon que ton inspecteur pédagogique pourra qualifier de tous les mots savants qu’il faut pour définir la visée de l’exercice et sa problématique. Tous les mots que tu connais plus et c’est pour ça que t’es pas inspecteur.
– Le sujet… Transformez ce passage de façon à expliquer le naufrage par des causes naturelles et non plus divines.
– Des questions ?
S’il y a la moindre trace d’un Jordan ou d’un Steven dans la classe, c’est le moment de les observer du coin de l’œil : s’ils ont compris, toute la classe a compris.
La tête baissée sur leurs copies, ils se mettent au travail. Je circule consciencieusement entre les élèves qui pourraient avoir des difficultés.
Et je pourrais presque m’ennuyer à mon tour si la surveillance des enfants c’était pas ma grande passion.
Mais Zeus est venu à mon secours, et une question providentielle est arrivée jusqu’à moi.
– Oui Camil… une question ?
– Mais monsieur… euh
Je vois que ça s’agite dans sa tête, mais on est à l’école pour ça, donc je vais pas achever la séance de torture comme ça. C’est le sujet qui semble lui poser problème : comment remplacer les dieux par des causes naturelles. Du mal à imaginer une tempête ? Brainstorming, tempête dans un cerveau, c’est maintenant, c’est sous mes yeux. Les marins connaissent la tempête, moi j’aurai vu Camil devant sa copie.
– … mais les dieux… ILS EXISTENT !
– …

Les français plus réactionnaires que les américains ?

C’est ce qu’on serait tenté de croire en suivant la conclusion d’Olivier Reboul sur la question du genre dans son Introduction à la rhétorique.

L’éthique de la fable est réactionnaire puisqu’elle nous enseigne la résignation.

En agitant la question des genres, Olivier Reboul oppose
  • l’apologie, visant à persuader d’une vérité morale
  • la fable, illustrant une vérite morale

La fable ne dénonce pas, elle énonce, elle ne contredit ni ne proteste, elle jette un regard résigné et amusé. La résignation serait donc du côté du rire qui fait du public un spectateur quand l’apologie voudrait en faire un acteur.

Les personnalités préférées des français / des américains

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1-Yannick Noah
2- Dany Boon
3- Zinédine Zidane
4- Gad Elmaleh
5- Patrick Poivre d’Arvor
6- Charles Aznavour
7- Nicolas Hulot
8- Mimie Mathy
9- Jamel Debbouze
10- Michel Sardou
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1- Will Smith
2- Tom Hanks
3- Reese Witherspoon
4- George Clooney
5- Meryl Streep
6- Brad Pitt
7- Julia Roberts
8- Johnny Depp
9- Jennifer Aniston
10- Patrick Dempsey
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D’après ce classement on constate que les français sont beaucoup plus attirés par les personnalités comiques que ne l’est le public américain. Quand du côté français on trouve au moins quatre comiques dans les dix personnalités préférées, on en compte à peine un chez les américains.Les français, un peuple résigné, plus à son aise dans l’amusement que dans la protestation ?
« L’ensauvagement par le rire », célèbre formule d’Alain Finkielkraut, devrait céder la place à « l’engourdissement par le rire » ?
C’est ce que nous laisse entendre Olivier Reboul…
Cependant nous devons vite apporter quelques nuances à cette analyse. Olivier Reboul dans son Introduction à la rhétorique oppose la fable et l’apologie : « l’ironie plaisante » face à « une antithèse tragique », regard amusé sur l’actualité face à des propositions concrètes et radicales pour transformer la société.

Reste à savoir quels auteurs, des français ou des américains, sont le plus à même d’offrir au public l’antithèse tragique pour le déranger, l’amener à dépasser son point de vue, l’amener au-delà de lui-même.

La Fontaine et Pascal – La fable contre l’apologie
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"Qu'on ne dise pas que je n'ai rien dit de nouveau: la disposition des matières est nouvelle" Pascal