Archives par mot-clé : Comédie

Faire la nique au cerveau

Un labo allemand a sorti l’étude dont rêvaient les ligues de vertu américaines : « la pornographie serait néfaste pour le cerveau ».

Nous avons constaté un lien négatif significatif entre le fait de regarder de la pornographie pendant plusieurs heures par semaine et le volume de matière grise dans le lobe droit du cerveau.

Je vois ce résultat comme un vibrant hommage à l’une des meilleures comédie de Woody Allen : Tout ce que vous toujours voulu savoir sur le sexe sans jamais oser le demander.

Igor a également été la victime consentante d’une telle expérience scientifique : le cerveau n’a pas résisté à un orgasme de quatre heures.

 

tout_ce_que_vous_avez_toujours_voulu_savoir_sur_le_sexe
Commander

Le Skylab : Un film-madeleine de Proust

Le Skylab de Julie Delpy

Il est des films qui évoquent le passé mieux que d’autres. Sans devoir cette qualité à la justesse des acteurs, du scénario ou de la mise en scène, ces films viennent plus simplement faire remonter passé avec ces petits détails que l’on croyait personnels mais qui se révèlent presque universels. C’est Julie Delpy, déjà scénariste et réalisatrice,  qui a tenu à assurer elle-même le choix d’une partie des décors pour trouver ces petits détails qui font mouche.

   L’année 1979 vous reviendra par bouffées : des tapisseries orange et marron, des cendriers  à pied, jusqu’aux chaises pourtant banales que je n’avais pas revues ailleurs que dans ce film, tous les détails des décors nous transportent dans ces années où l’on parle bagnole et politique, Renault 8 et Mitterrand.

   Vous serez peut-être rassurés de savoir que chaque famille peut cacher ses conservateurs toujours réactionnaires, toujours en retard sur l’Histoire. Quand l’abolition de la peine de mort n’était défendue que par les « gauchistes » de la famille et que l’on pouvait encore ouvertement se revendiquer de l’OAS, la source d’inquiétude de la famille ne vient pourtant pas des urnes mais du ciel. Le Skylab, qui donne au film son titre, menace de s’écraser sur la Bretagne.

Le Festival de San Sebastian 2011 décernera à Julie Delpy le prix spécial du jury pour ce cinquième film en tant que réalisatrice après le remarqué 2 Days in Paris. Le public attend désormais 2 Days in New-York où l’on retrouvera à nouveau son père en tant qu’acteur.

Les masques de BHL

Comédie
de Bernard-Henri Lévy

Face aux critiques et à l’échec du film Le Jour et la Nuit, Bernard Henri-Lévy décidait non pas de se dévoiler en jetant ses masques, mais au contraire de jouer avec eux. Loin d’être dupe du personnage qu’il expose au public, l’auteur fait se confronter son moi profond (L) et son moi public (BHL)

L’équation est simple : plus on me trouve, moins on te cherche ; plus le système se focalise sur le personnage ou la marionnette, plus il se fichera du moi profond ; imagine qu’il n’y ait plus d’images dans les magazines, c’est toi, l’auteur qui serait dans le collimateur – c’est clair ? En bonne technique guerrière, la manœuvre a un nom : une diversion

La diversion opère et sous la multitude de masques utilisés, les failles de l’homme affleurent parfois au détour de confessions plus intimes au sujet d’une sœur ou d’une femme…

Pour un public habitué aux ricanements de Canal+, l’épisode le plus marquant de la vie de BHL restera son entartage par le courageux Noël Godin.

L’épisode ne manque pas d’être abordé :

Parlons de la tarte à la crème. Tu avais, dans cette affaire, deux réactions possibles. Celle de l’écrivain vulnérable, incertain de lui-même et de son œuvre : se sentir visé, donc offensé et se mettre en colère comme tu l’as fait – pitoyable ! Celle du véritable écrivain dont j’affirme qu’il est hors d’atteinte : « la tarte n’est pas pour moi, mais pour l’autre ; elle ne me concerne nullement ; j’observe la scène en spectateur, je souris » – c’est l’attitude de Jean-Luc Godard ; une autre allure que toi !

Godard face à l’entarteur gloupier:

Finalement on découvre que BHL envie Godard pour son détachement, Le Clézio pour son bégaiement et Romain Gary pour sa double vie… Dans cette Comédie humaine, le personnage BHL est autant acteur que spectateur de lui-même et de ses modèles.

photo : Iceman Forever / Flickr