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Violences : sans Notre-Dame-des-Landes, pas de Sivens

Le rapport de l’inspection générale de la gendarmerie nationale (disponible ici) établit le lien entre les opposants de Notre-Dame-des-Landes, « aguerris » et « expérimentés », venus prêter main forte aux opposants de Sivens et le niveau de violence atteint dans le Tarn.

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Les unités de GM engagés sur les opérations de Sivens, et plus particulièrement l’EGM 28/2 employé sur zone depuis 9 jours, ont dû faire face à un phénomène de « professionnalisation » de la contestation. Elles ont affronté des opposants manifestement organisés, dirigés par des meneurs aguerris dont certains plus expérimentés viennent des rangs des zadistes de Notre Dame des Landes, recherchent un contact violent avec les forces de l’ordre comme en attestent les éléments sus-mentionnés.

(Cliquez pour agrandir)

Barricades et barrages

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 Engins explosifs et projectiles incendiaires

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 Moyens divers

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Pièges anti-véhicules et anti-personnels

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La comparaison ne s’arrête pas là, elle concerne également les équipements des opposants, ou la création de points de fixation.

Des témoignages parus dans la presse confirment que la Zad de Notre-Dame-des-Landes est devenue la capitale française du macramé et sait exporter son savoir-faire.

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 témoignage de Camille dans Le Parisien du 29/10/14 :

« Au fur et à mesure, je me suis radicalisé », explique-t-il. Les combats s’organisent autour de petits groupes liés « par affinité ». Les techniques de lutte contre la police, elles, s’apprennent dans les lieux comme à Notre-Dame-des-Landes où les militants se retrouvent pour échanger.

Mesurez votre zadisme

LEVEL 1 – L’AMOUREUX DE LA NATURE

Vous investissez 1 euro pour l’autocollant « non à l’aéroport » (en vente sur le site de l’Acipa) sur votre sobre 4×4 Land Rover (photo dispo sur Non à l’aéroport, Oui aux particules fines)

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LEVEL 2 – LE KÉKÉ

Vous avez les moyens, vous êtes motivé, vous investissez 4 euros pour coller 4 beaux autocollants sur votre Mercedes. (photo dispo sur Non à l’aéroport, Oui aux particules fines)

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LEVEL 3 – ZAD’ADDICT

Vous ne savez pas trop quoi faire de votre argent, vous déposez la marque ZAD est ses variantes pour 2720 euros (200 euros pour le dépôt électronique de la marque et 40 euros supplémentaires par classe de produits). On attend impatiemment le papier hygiénique « Zadiste », la location de décors de spectacles « Pro ZAD Zone à défendre » et les masque de beauté « le kyste du Bois de Rohanne ».

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Fichage ou affichage des journalistes ?

bathoC’est la sortie littéraire des ex, après Merci pour ce moment de Valérie Trierweiler, on découvre L’Insoumise de Delphine Batho…  Cette dernière, fut-elle ministre, n’en demeure pas moins une ex aussi amère que V. Trierweiler, comme en témoigne sa publication d’échanges de SMS et de boules puantes, qui font toujours la joie des éditeurs.

C’est la divulgation dans L’Insoumise (Le titre Rebelle était déjà pris par Disney) de l’existence d’une liste classant les journalistes suivant leurs positions sur l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes qui a intéressé ces mêmes journalistes (nombrilistes ?).

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Capture d’écran du site Le Lab Europe 1

« Neutres/Contre/Pour » : Le type de classement effectué par les ONG pour que les infos passent par les bons tuyaux.  On pourra discuter de l’aberration ou de l’utilité d’une telle liste, mais ce qui a choqué Le Club de la Presse de Nantes Atlantique, c’est que cette liste est « un affront à notre indépendance, notre professionnalisme et notre neutralité. » J’ai ri.

Pour qui connaît un peu le dossier Notre-Dame-des-Landes, l’opinion des journalistes sur le sujet est presque transparente.

France 3 Pays de la Loire,  « favorable au projet »  ? La production et la diffusion d’une ode à la décroissance sur la ZAD suffisaient à démontrer le contraire, mais son délégué régional a tenu à réaffirmer sa neutralité.

Du côté des « contre », on n’a pas les mêmes scrupules, les journalistes, loin de s’offusquer, se réjouissaient de voir reconnu leur militantisme :

Le fichage des journalistes était inutile, les journalistes savent très bien s’afficher eux-mêmes sur les réseaux sociaux.

Le Club de la Presse semble se satisfaire de cette presse « neutre et professionnelle », se satisfaire qu’un média jugé « pour le projet » ait à justifier de son professionnalisme quand les « contre » fanfaronnent. Avoir une opinion « pour » ou « contre » et l’afficher n’a rien de révoltant, en revanche désinformer l’est davantage. Puisque le cas des journalistes du Monde est cité par Le Lab, prenons le cas de Rémi Barroux (ça vexera moins le Club de Presse Nantes Atlantique). Sa participation aux manifestations contre l’aéroport tient plus de celle du militant que de l’observateur :

Rémi Barroux, journaliste au Monde, recueillait  les premiers mots du président de la commission de dialogue en mars 2013. L’article qui suivit présentait Claude Chéreau comme « sceptique » sur le projet. Il s’agissait d’une totale désinformation : l’obligé a dû clarifier (euphémisme) sa position sur un plateau TV dès le lendemain, « je n’ai pas du tout de doute en ce qui concerne le projet aéroportuaire lui-même ». Le journaliste du Monde n’a pas fait correctement son travail, la profession ne s’en est pas émue. Faire des listes pro/anti/neutre permet au moins aux ONG de ne pas parasiter leur communication en s’assurant que l’information ne soit pas  ainsi déformée par un « anti ».

Dans l’épuisante partie de ping-pong que se jouent « pro » et « anti » à coups de communiqués de presse, la majorité des journalistes fait pourtant correctement son travail, mais jouer les vierges effarouchées pour se plaindre que leur neutralité et professionnalisme auraient été mis en cause… Réflexe corporatiste ou aveuglement ? Pendant cette polémique des entreprises concernées par le chantier de l’aéroport ont été à nouveau menacées de représailles, on lira peut-être un entrefilet à ce sujet dans une presse « qui travaille sur le dossier NDDL en tant que professionnels de l’information ». Courage, le chemin du nombril du journaliste au terrain d’investigation n’est pas si long.

« À qui et à quoi a donc servi cette liste » se demandait naïvement Le Club de la Presse ? Elle aura au moins servi à Delphine Batho dans le choix du média (Le Télégramme, classé « contre ») pour accorder son interview.

Photo Mathieu Delmestre / Solfé Communications
Dessin : Cabu/Le Canard Enchaîné