Archives par mot-clé : Roland Barthes

La musique de Roland Barthes

Le documentaire Le théâtre du langage consacré à Roland Barthes venait rappeler, ou révéler dans mon cas, l’importance qu’accordait le sémiologiste à la musique : l’appartement de l’intellectuel est agencé de telle manière que chaque activité, peinture, écriture, musique occupe l’espace dévolu à son moment de la journée.

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Le piano droit accueille ainsi le musicien qui n’a pas manqué dans Roland Bartes par Roland Barthes de décrire son jeu ( « j’improvise tant bien que mal, la place de mes doigts, et dès lors, je ne peux jamais rien jouer sans faute » ),  son écoute ( « si j’écoute Richter ou Horowitz, mille adjectifs me viennent : je les entends, eux, et non Bach ou Schumann. » ) ainsi que sa lecture : « Jouissance graphique : avant la peinture, la musique » (la partition) .

 

Pour finir, son j’aime / j’aime pas

J’aimeJ’aime pas
Glenn Gould

Haendel

toute la musique romantique

le clavecin

Arthur Rubinstein

Satie

Bartok

Vivaldi

les chœurs d’enfants

les concertos de Chopin

les danceries de la Renaissance

l’orgue

M.-A. Charpentier, ses trompettes et ses timballes

 

Intellectuels de gauche : plus à l’aise dans l’opposition ?

Les intellectuels de gauche n’aiment ni le pouvoir, ni la gauche au pouvoir semble-t-il. Tiraillés entre exigence critique et soutien poli, certains désertent provisoirement les débats publics, quand d’autres virent plus radicalement vers d’autres horizons politiques.

Roland Barthes, Emmanuel Todd et Jacques Sapir sont chacun dans leurs domaines les représentants de cette gauche plus embarrassée que réjouie de ne plus appartenir à l’opposition. Leurs parcours intellectuels et politiques sans être emblématiques de l’intelligentsia française, témoignent de ses états d’âme ou de ses retournements.

Roland Barthes et la parenthèse marocaine

Barthes-Mythologies
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En 68, soufflait un petit vent de de révolution que Roland Barthes et ses Mythologies, oeuvre culte de dénonciation des valeurs bourgeoises,  avait contribué à attiser. Mais les répercussions sociales qui s’ensuivirent ne retinrent pas l’intellectuel : Roland Barthes préféra prendre ses distances et filer de l’autre côté de la Méditerranée, au Maroc, où il partit enseigner de 69 à 70 dans l’université de Rabat.

Prendre du champ, c’est une solution pour ne plus prendre part aux querelles idéologiques du moment, laisser le flot des événements passer loin de soi. Antoine Compagnon classera Roland Barthes du côté des antimodernes. Pas conservateur ou réactionnaire, simplement antimoderne. « Les antimodernes ont donné la liberté aux modernes » note Antoine Compagnon. Roland Barthes « à l’arrière-garde de l’avant-garde » où il aimait se situer, aura contribué à la formation de l’esprit de 68 mais n’y aura pas pris part.

 Emmanuel Todd l’abstentionniste

Emmanuel_ToddEmmanuel Todd est souvent mis en avant comme le prophète de la fin de l’URSS (en creusant un peu, d’autres intellectuels l’avaient également prédit – notamment Carrère d’Encausse – sans en faire une marque de fabrique). On fait depuis appel à lui comme à la Pythie pour pronostiquer l’avenir politique de l’Europe. Si l’on en croit ses derniers oracles l’euro ne devait pas survivre à 20111 et le FN ne ferait plus parler de lui en 20122… La machine semble s’être enrayée.

Emmanuel Todd n’a pas pris ses distances avec l’actualité européenne et commente toujours les soubresauts de la  politique.

À la veille des élections européennes qui allait voir le Front National remporter des scores européens, E. Todd déclarait qu’il n’irait pas voter pour « dénoncer le Front National en mettant en évidence son appartenance au système » 3. Comprenne qui pourra

Jacques Sapir, de l’autre côté du miroir

jacquessapirÉconomiste et russophile, soutien de Jean-Luc Mélenchon aux présidentielles, Jacques Sapir publie régulièrement des notes sur son blog mais également pour les médias étrangers. C’est le cas de l’article « Pourquoi les français ont voté pour le Front National » 4 d’abord paru dans un média russe avant d’être traduit en anglais.

On peut être assez troublé par l’éloge (il ne s’agit évidemment pas seulement d’une analyse) dont Jacques Sapir gratifie le Front National pour

J. Sapir affirme donc « assumer parfaitement »… mais pas au point de mettre en ligne la traduction de son article. On ne voudrait pas voir d’après lui que le FN est « plus réaliste, mature, fiable et responsable ». La suite du panégyrique se trouve ici.

Le Front National s’était chargé de l’entreprise de dédiabolisation, il fallait attendre qu’un intellectuel classé à gauche de la gauche finisse par encenser le parti des Le Pen.

 

photos : France Culture

Jean Sarkozy acteur de série Z

Une nouvelle mythologie

– Les lunettes de Jean Sarkozy –

Vous connaissez ces secrétaires dans les séries B américaines : elles portent les lunettes et le chignon, avant de tomber in extremis dans les bras du héros, sans lunettes, les cheveux défaits. Les dévergondées ne seront pas admises.
Qu’est-ce donc qui est attaché à ces sérieuses montures ?
Tout simplement l’affiche de la sagesse.
Avec le temps, ce signe est devenu un excellent gag : le personnage austère et grave sera systématiquement représenté lunettes sur le nez (avant de gagner un brushing et de perdre une monture pour procéder au baiser final).
Dans l’ordre des significations optiques, la série B postule donc que les lunettes et le chignon apportent la raison, la sagesse et la gravité. Sans ces attributs, la femme est offerte au héros.
sarkozylunettes
Dans la serié Z, le paradigme est presque équivalent.

Avec lunettes : assez sérieux pour savoir gérer tout plein de dossiers à l’EPAD, façon Ewing.
Sans lunettes : prince Jean-Jean sans Défense

Bon, Jean-Jean… Tu m’éteins cette télé maintenant ! et tu files à la fac…
crédits photos : France 3, Gala, et Google Images que quand tu tapes dedans « Lynda Carter » (Wonder Woman)