Les psys, c’est comme les bananes, ça se consomme sur place

300 l'un des films préféré de
300 l’un des films préféré de Breivik

Breivik, devenu le plus célèbre tueur norvégien, et momentanément le plus célèbre norvégien, vient de demander à ce que l’expert psychiatre qui l’examine soit japonais. Celui-ci serait, d’après lui, plus à même de comprendre son geste et les préceptes d’honneur qu’il serait censé incarner.

Le tueur n’a pourtant sans doute pas en mémoire cet étudiant japonais cannibale venu satisfaire ses pulsions à Paris en 1981.

Issei Sagawa jugé irresponsable pénalement par des experts psychiatres français, était revenu au Japon où il avait été cette fois jugé responsable de ses actes par les experts nippons.

Breivik ne veut pas être jugé irresponsable, accordons au moins crédit à ce sujet à celui qui s’est donné la peine de produire un manifeste de 1500 pages.

Croire à la folie du tueur exempterait le pays de se pencher sur l’histoire de l’extrême-droite scandinave et de ses idées.

Nous avons connu pareil danger en France, toutes proportions gardées, avec Céline. Plaider la folie antisémite de l’auteur et en faire un cas isolé, c’était en quelque sorte en faire un bouc émissaire, au sens tragique du terme : il devait payer pour tous les autres qui en retour seraient lavés de leurs délires antisémites. Depuis des auteurs comme Philippe Alméras ont fait tout de le travail de contextualisation historique nécessaire à la compréhension du développement de l’antisémitisme chez les écrivains.

Il serait bon que pareil travail soit fait chaque fois qu’un acte paraisse tellement odieux qu’on voudrait qu’il ne soit qu’un artefact historique. Les idées et leurs conséquences ne naissent ni dans les roses, ni dans les choux-fleurs.

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