Il était une fois la Sarkozie

   Il était une fois… la Sarkozie. Ce fut un joli conte sans morale qui dura cinq longues, trop longues années. Et comme le Reader’s Digest n’a pas encore osé s’attaquer à ce sommet en communication et marketing politique qu’est le quinquennat de Nicolas, Sébastien Périer s’est attelé à la tâche dans Les Bons Mots de la Sarkozie (Politikaillera) pour nous livrer les quelques perles qui auraient pu nous échapper.

   Et elles étaient nombreuses ces perles, toutes ces petites phrases vite oubliées parce que chassées par une nouvelle saillie sarkozyste, et toutes ces starlettes de la sarkozie venues accrocher la lumière une petite semaine avant de retourner dans l’ombre : le ridicule de Frédéric Lefebvre bientôt effacé par la tornade Nadine Morano. Mais comme sur le front, il n’y a pas de raison que seuls les généraux aient leur petit quart de gloire. Politikaillera vient également donner du lustre à tous les petits troufions de l’UMP qui ont voulu jouer au héros d’un jour pour «dire tout haut ce que le peuple pense tout bas».  Et ce serait à qui se montrerait le plus raciste, homophobe, méprisant. Ou comment confondre le peuple et le FN.

   L’auteur nous a donc rapporté toutes ces petites bombes artisanales. À lire, c’est forcément moins effrayant que lorsque ça vous éclate aux oreilles. Recontextualisée par l’auteur,  chaque pépite sarkozyste parvient même à faire rire. Si Nadine Morano, dans son statut privilégié de Ministre des twittos, a le droit à 6 pages pour toutes ses algarades, certains portraits (33 au total) de ces porteurs de boules puantes sont plus courts mais tout aussi incisifs.

   Voilà, si on peut en rire c’est que la fin doit être toute proche. Ne reste plus qu’à tourner la dernière page. Et c’est au bout de cette éprouvante aventure qu’on en viendrait presque à regretter toutes les Nadine et tous les Frédo de la Sarkozie. On n’a pas envie de les abandonner, en grands masochistes on pourrait espérer un Tome 2, et évoquer George W. Bush qui est parvenu à se faire réélire, déjouant tous les pronostics. Ou alors on peut apprendre à être raisonnables, garder tous nos vaillants héros de la sarkozie dans un coin de la tête, accepter d’être adultes, entamer une autre Histoire et ne plus ressortir Politikaillera que quand les générations futures vous demanderont : «Dis papy, c’est quoi le racisme?»

 Image : Illustration des Contes de la mère l’Oye par Gustave Doré

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