L’affaire Salman Rushdie en France – 1ère partie

En février 1989, le roman Les Versets sataniques n’a pas été publié que la fatwa de l’ayatollah Khomeiny frappe déjà son auteur et enflamme le monde musulman. La France n’est pas seulement spectatrice de l’affaire Rushdie qui se joue entre l’Iran de Khomeini et le Royaume-Uni de Thatcher, des manifestations islamistes ont aussi lieu à Paris : par peur on retire le roman de l’étal de librairies. Les intellectuels réagissent et militent pour la liberté d’expression. Un an plus tôt, en 1988, c’était le film La Dernière tentation du Christ de Martin Scorcese que des catholiques intégristes ont fini par retirer des salles de cinéma à force de manifestations et même d’attentats (Lire le scandale de « La Dernière Tentation du Christ »). Mais en 1989, ce sont les islamistes qui, à leur tour, veulent obtenir l’interdiction d’une oeuvre. On ne mesure alors pas ce qui se joue au Royaume-Uni : le même scénario se répétera 15 ans plus tard en France, quand en 2006 des caricatures de Mahomet seront publiées par Charlie Hebdo : des journalistes vivront cachés sous protection policière, des islamistes désigneront la France comme ennemi au monde, des politiques se compromettront en cherchant le compromis, des fractures verront les jour dans la société.

A2 Le Journal 20H : émission du 26 février 1989

Un millier de manifestants défilaient le 25 février 1986 entre Barbès et République aux cris de « Mort pour Rushdie » et « Allah akbar ». Des dissensions apparaissent dans le cortège : les plus modérés demandant seulement l’interdiction de l’oeuvre. Dans les réactions de politiques français, on note celle de l’ancien président Valéry Giscard d’Estaing, pour qui il aurait fallu « faire preuve de plus de considération face aux convictions des autres. »

Le lendemain, le gouvernement réagit à cette manifestation

A2 Le Journal 20H : émission du 27 février 1989

Le gouvernement réagit par la voix de Michel Rocard, Premier Ministre : La liberté de manifester a ses limites, il n’est plus question d’entendre des appels au meurtre visant la liberté de pensée à travers Salman Rushdie. La loi de la République contre la loi islamique. Mitterrand apporte sa caution au Premier Ministre. Le MRAP s’inquiète de réactions racistes et appelle à faire appliquer la loi. SOS Racisme appelle à manifester pour la liberté d’expression.

 
 
 
 

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