« quand c’est dur d’être femme, ça devient dur aussi d’être homme »

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L’auteur de Syngué Sabour aurait pu avoir la lourdeur des hommes qu’il dénonce, il n’en est rien. Dans un retournement du roman qu’on ne dévoilera pas (trop tard?), il parvient à attirer la compassion sur ces guerriers, qu’on imagine afghans, ignorants de la sensualité, prisonniers de leur violence.

« Oh, ma syngué sabour, quand c’est dur d’être femme, ça devient dur aussi d’être homme ! »

L’auteur a d’ailleurs lu-même porté son roman à l’écran avec l’aide de Jean-Claude Carrière :

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François de Rugy : vrai député #EELV

François de Rugy, co-président du groupe EELV à l’Assemblée nationale, est l’un des parlementaires les plus présents sur les réseaux sociaux. La semaine dernière le député a eu de nouveau l’occasion de tweeter lors de la désormais traditionnelle manifestation nantaise contre « l’aéroport et son monde », ou contre « les violences policières », les manifestants eux-mêmes ne savent pas très bien. Le rituel est bien rodé : violences et dégradations du centre-ville l’après-midi, condamnations politiques unanimes le soir, y compris celles plus ou moins cauteleuses des Verts. On frise le comique de répétition.

Cette fois, celui qui aimerait voir revenir EELV au gouvernement tente de trier le bon grain de l’ivraie, pour retrouver ses petits, les « vrais » opposants,  au milieu de ces « faux anti #NDDL », façon de redonner bonne figure aux Verts dont l’image est régulièrement ternie par les violences zadistes.

Quelques jours après le tweet de François de Rugy, les prévenus interpellés lors de la violente manifestation, jugés en comparution immédiate, douchaient les espoirs du député. Non seulement ces derniers se déclarent être de vrais opposants à l’aéroport, mais la moitié d’entre eux sont également de vrais occupants de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, lieu saint de l’écologie radicale dont le député, pourtant parmi les plus modérés dans son parti, ne se voit pas demander l’évacuation. Cette citadelle médiatique à partir de laquelle les écologistes radicaux lancent des imprécations sur les malheurs du temps est un lieu où même Cécile Duflot n’oserait s’aventurer seule.

Alors ce tweet sur ces vrais « faux anti #NDDL » est-il naïf ? On penchera plutôt pour la stratégie politicienne. Si l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes a bien été une épine dans le pied du premier ministre Jean-Marc Ayrault qui préféra temporiser (bien mal lui en prit pour son image) c’est paradoxalement au tour d’EELV d’hériter de la patate chaude, au plan local, on comprend leur silence gêné face à ces manifestations qu’ils ne contrôlent plus, mais également au plan national : aucune chance pour EELV dont l’image est entachée par ces violences zadistes aux quatre coins de la France d’obtenir un maroquin. Le gouvernement Valls aura au moins appris du gouvernement Ayrault qu’une machine à couacs ça n’avance pas.Front National NDDL

Très localement ces petits calculs politiciens font l’affaire de EELV,  au plan national c’est toujours le Front National qui en tire profit : on y sabre le champagne à chaque nouvelle manifestation contre l’aéroport. 9 voix séparaient EELV et FN lors des dernières élections à Notre-Dame-des-Landes. Si l’écologie peut se passer des zadistes, le Front National en revanche peut leur dire merci.

 

 

photo : Wikimedia

Speak Low

phoenixUn standard de jazz est revenu faire une petite apparition dans notre paysage musical grâce au film de Christian Petzold, Phoenix.

Speak Low de Kurt Weill est non seulement le thème principal du film qui revient à travers la basse de Charlie Haden mais également au cœur de l’intrigue : la chanson est un souvenir heureux de l’époque où un ancienne chanteuse déportée, Nelly Lenz, accompagnait son compagnon pianiste.

Dans ces décors de Berlin de 1945 en cendres où les chansons de Brecht & Weill auraient eu toute leur résonance, le réalisateur a préféré insister sur la mélancolie de Nelly à la recherche de son passé, de l’homme qui peut-être l’a trahie mais qu’elle aime encore.

Si la chanson Speak Low évoque la fragilité de l’amour, le titre est inspiré d’une réplique de Don Pedro dans Much Ado About Nothing (Beaucoup de bruit pour rien en français) de Shakespeare : « Speak low if you speak love » (Acte II, scène 1)

Speak Low, classé 140ème sur JazzStandards.com, confirme donc son statut de standard. Pas de reprise révolutionnaire, mais une utilisation adroite du thème de la chanson au service de l’intrigue du film.

"Qu'on ne dise pas que je n'ai rien dit de nouveau: la disposition des matières est nouvelle" Pascal