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Copier-Coller de Copier-Coller

copiercollerEst-ce le titre du blog qui aura amené certains à s’arroger le droit de me voler du contenu ? Ou le copier-coller est-il devenu une norme sur internet ?

En rebâtissant pierre à pierre le blog, j’ai été surpris de découvrir que certains articles avaient été recopiés dans leur intégralité. Que l’on en cite certaines parties, ou redirige un lecteur par ici me flatte. Lorsqu’un article est intégralement cité, je n’en suis pas moins flatté, c’est toujours bon pour l’ego. Mais beaucoup moins pour le blog.

C’est l’article sur une intervention d’Emmanuel Todd qui a suscité le plus de copier-coller. Le travail consistait seulement à faire le compte-rendu d’un discours, à donner une structure à une intervention orale, ce n’était donc pas à proprement parler une production au sens du Code la propriété intellectuelle, en particulier de l’article L511-5 alinéa 2… mais c’est suffisant pour me vexer pour la journée.

Sans compter (enfin, juste un peu) que l’article a provoqué 177 réactions et autant de likes, tweets et signaux de fumée. Je suis le Dan Franck du blog. Un nègre qui ne connaîtra jamais les feux de la rampe numérique !

Les idées circulent, c’est bien là l’essentiel. Encore que toutes les idées ne voyagent pas en 1ère classe… Alors que le l’intervention d’Emmanuel Todd dénonçait la gouvernance européenne, deux mois plus tard, des intellectuels (BHL, Umberto Eco, Julia, Kristeva, …) témoignaient cette fois en faveur de l’Europe. Le contenu, moins technique mais historiquement au moins aussi intéressant, a cette fois été beaucoup moins lu, et encore moins pillé par d’autres blogs.

Je redécouvre cette évidence : pour être lu, mieux vaut être contre que pour, dénoncer qu’approuver.

 

Reconstruction

Que sont mes billets devenus
Qui sitôt parus
Et publiés
Ont été trop clairsemés
Je crois un hacker les a ôtés
Le blog est mort
Ce sont ennuis que vent me porte
Et mes articles de la sorte
Les effaça

Par excès de confiance dans le numérique, j’ai péché. Parce que les attaques de serveurs sont rares et que j’avais déjà perdu six mois de messages sur un forum, j’étais assez optimiste (ou naïf) pour penser que l’ankou 2.0 ne reviendrait pas frapper à ma porte.

Je pourrais trouver rassurant de faire partie du bon millier de clients, parmi lesquels des professionnels, qui ont perdu bien plus que moi : mails, contacts des clients, référencement dans les moteurs de recherche, perte d’activité de 2 semaines, des milliers de pages fruit d’années de travail. Quelques minutes ont suffi, plus rapide qu’un incendie.

Comme tous les autres je vais reconstruire mon site sur des cendres. En fouillant un peu dans les tréfonds des moteurs de recherche j’ai pu récupérer la quasi-totalité du contenu mis en ligne. Chaque article reviendra donc reprendre progressivement sa place sur ce nouveau blog en reconstruction. L’ancien était vieux de 2 ans, une éternité sur le web. Mutatis Mutandis

D’après les premiers éléments de l’enquête (qui ne sera jamais portée à l’écran, pas très photogénique une ligne de code), il s’agirait d’un concurrent, peut-être un ancien employé, qui aurait provoqué ce trou noir numérique. Une goutte d’eau, que ces centaines de milliers de pages, au milieu de la production exponentielle de documents sur le web. Mais nous ne savons pas encore ce que nous avons perdu avant de l’avoir cherché… (le hacker n’a heureusement pas touché aux bases de données de lapalissades).

L’histoire me rappelle ce passionné des trois mâts construits fin XIXe dans les chantiers nantais Dubigeon. Deux guerres étaient passées par là et les photographies de ces navires demeuraient introuvables. C’est en Australie qu’elles firent tardivement leur réapparition. J’imagine pareil destin pour certains de ces documents perdus. Des trésors dorment sur un disque dur égaré au fond d’un tiroir.

[Mise à jour : une plainte a bien été déposée contre un concurrent de l’hébergeur. L’enquête est toujours en cours]

photo : Michael Holden

Sacré Musée !

« Un SCANDALE, un vrai scandale. Me priver de ma liberté de photographier l’œuvre ! » Cette manifestation de colère d’un visiteur était adressée à l’un des gardiens de la Halle Saint-Pierre à Paris qui accueille l’exposition Hey! part II.

L’austère musée d’Orsay, passe encore, ça ne gêne que les japonais, mais ne plus pouvoir brandir son mobile dans le temple de l’Art brut… Être privé d’expédier le sempiternel « j’y suis » accompagné de sa trombine et de l’œuvre en arrière-plan, quel affront à nos libertés, quelle perte pour l’art.

Et si le plus grand malheur dans cette histoire était de ne pas accepter qu’une part du sacré, du spirituel, que semble tant réclamer le public, réinvestisse les musées. Si l’on doit resacraliser l’espace public, autant commencer par ces lieux de culture.

Avez-vous jamais vu les folles danses des soirs de Shabbat devant le mur des Lamentations en photo ? Vous permettrait-on de capturer l’âme d’un vieillard africain au pied de l’arbre à palabres ? Verrez-vous un jour un cliché de [censuré par le Vatican] ? Non, trois fois non. Accepter que le sacré, l’interdit vous entraîne hors de nos zones de confort, dans des contrées inconnues, voilà l’enjeu du voyage que propose un musée. Dans notre société saturée d’images, l’interdit a fini par développer un pouvoir attractif plus fort que le photo-reportage-carte-postale.

Je vous interdis donc de vous rendre à la Halle Saint-Pierre. Vous risqueriez d’y croiser des œuvres qui parlent davantage du monde que du nombril torturé de l’artiste, vous risqueriez d’y découvrir que l’art contemporain ne se résume pas à l’art pompier de Jeff Koons ou au merchandising usé de Ben, vous risqueriez enfin de parcourir plusieurs fois l’exposition votre mobile au fond de la poche. Les marchands du temple que vous trouverez à la sortie personne n’a jamais songé à les chasser. Ils vous proposeront le catalogue de l’exposition si vous ne supportez pas de ne repartir qu’avec vos souvenirs.

Point complet sur le problème : Un nouvel interdit au musée : la photographie ? (La lettre de l’OCIM)

photo : Joconde – The tourist way par reinsafe/Flickr