2007 : Le procès « des caricatures »

« Tout a été dit cent fois et mille fois mieux que par moi » écrivait Boris Vian.  Rien à ajouter sur l’attaque terroriste du 7 janvier 2015 si ce n’est rappeler l’existence du récit du procès « des caricatures » par Philippe Val : Reviens, Voltaire, ils sont devenus fous.

En 2007, dans le champ politique nous étions loin de la légitime et saine unanimité que nous connaissons aujourd’hui dans le soutien à Charlie Hebdo. En pleine campagne électorale, le procès « des caricatures » divisait les partis politiques à gauche comme à droite.

À droite, Chirac condamne Charlie Hebdo mais Nicolas Sarkozy, son ministre de l’Intérieur, « préfère l’excès de caricature à l’absence de caricature ». À gauche le soutien semblait plus problématique. Ségolène Royal s’était fendue d’un timide SMS : « bon courage pour le procès ». Philippe Val en voudra longtemps à elle et une partie de la gauche pour ce soutien trop discret. François Hollande, premier secrétaire du parti, s’en sortira beaucoup mieux : malgré les réserves du PS, il viendra témoigner en personne au procès. C’est tout à son honneur surtout quand on sait que le reste de la gauche, à commencer par les associations anti-racistes qui crient aujourd’hui « Je suis Charlie » ne se sont pas manifestées publiquement en faveur du journal. Quant au PC et à la LCR, ils condamnèrent simplement Charlie Hebdo pour ses caricatures.

La relecture de Reviens, Voltaire, ils sont devenus fous permet de mesurer l’évolution politique de deux gauches – universaliste et souverainiste – depuis 2007, et de constater que tout ce qui a été mis sous le tapis au nom de la paix sociale a fatalement resurgi.

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En cinquante ans, les États ont changé d’attitude face au extrémistes et au fanatiques en tout genre. Ils sont passés de l’attaque virulente à l’autocensure. D’un excès à l’autre. Les attentats du 11 septembre, de Bali, de Madrid, de Londres, mais aussi les fatwas lancées contre Salman Rushdie, Taslima Nasreen ou Ayaan Hirsi Ali, voilà le feu sur lequel on nous a conseillés de ne pas jeter de l’huile… « Soyez prudents avec ces questions… »  « Vous savez, c’est compliqué… » On est donc revenu à la fameuse diplomatie qui a fait le succès des accords de Munich, et nous avons eu le déshonneur et le terrorisme.

Ph. V.

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« La Commune de 1871 » par Henri Guillemin

Henri Guillemin a fait le bonheur de la télévision romande dans les années 70 en animant une émission dans un décor minimaliste avec pour seuls ressorts l’Histoire et son talent de conteur.

La RTS, contrairement à l’INA, met toutes ses archives librement à disposition. Vous pourrez donc désormais profiter d’heures de vidéos en compagnie d’Henri Guillemin, conteur aussi passionnant qu’attachant.

 

1- Situation

2- Monsieur Thiers

3- Il faut en finir

4- Le 18 mars

5- L’avant Commune

6- Cependant qu’à Versailles

7- La Commune au pouvoir I

8- La Commune au pouvoir II

9- La vraie France en action

10- La croisade

11- La victoire des honnêtes gens

12- Le fond des choses

13- Lendemains

 

Bonus : Henri Guillemin intime

+ Henri Guillemin – les archives de la RTS 

Carson McCullers

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Au Revoir Là Haut
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Pierre Lemaître, lauréat du prix Goncourt 2013 avec Au revoir là-haut beau roman sur la Grande Guerre, rend un hommage appuyé aux auteurs qui l’ont inspiré :

Au fil du texte, j’ai emprunté ici et là, à quelques auteurs : Émile Ajar, Louis Aragon, Gérald Aubert, Michel Audiard, Homère, Honoré de Balzac, Ingmar Bergman, Georges Bernanos, Georges Brassens, Stephen Crane, Jean-Louis Curtis, Denis Diderot, Jean-Louis Ézine, Gabriel García Márquez, Victor Hugo, Kazuo Ishiguro, Carson McCullers, Jules Michelet, Antonio Muñoz Molina, Antoine-François Prévost, Marcel Proust, Patrick Rambaud, La Rochefoucauld, et quelques autres.
Qu’ils considèrent ces emprunts comme un hommage.
Le personnage de Joseph Merlin, librement inspiré de Cripure, et celui d’Antonapoulos, inspiré du personnage homonyme, sont tous deux le signe de mon affection et de mon admiration pour Louis Guilloux et pour Carson McCullers.

On ne peut pas se dérober aux conseils d’un auteur qui admire Louis Guilloux (il faut au moins lire Le Sang noir). Pour ne pas avoir à choisir entre Le cœur est un chasseur solitaire et La Ballade du café triste on se tournera vers l’édition Livre de Poche qui rassemble tous les Romans et Nouvelles de Carson McCullers.

L’oeuvre de McCullers est une continuelle variation sur le thème de la solitude avec le Sud des États-Unis des années 40-50 comme toile de fond. Ses personnages aiment toujours passionnément, mais sans jamais être aimés en retour. Techniquement, le récit progresse comme un morceau de Bach, par contrepoint : chaque personnalité s’enrichit chaque fois qu’il s’accorde  ou s’oppose aux autres personnages.

Pierre Lemaître n’est pas le seul à avoir été marqué par la lecture de Carson McCullers. Notre dernier prix Nobel de littérature Patrick Modiano évoque la  « déflagration » provoquée par la découverte du roman d’une toute jeune auteur.

photos : Carsons McCullers Center

"Qu'on ne dise pas que je n'ai rien dit de nouveau: la disposition des matières est nouvelle" Pascal