Un tueur né (dans l’esprit de James Ellroy)

Un tueur sur la route de James Ellroy

mlemauditLa légende, toujours non vérifiée et donc d’autant facile à propager, voudrait que ce polar soit lu dans les écoles de police dans le but d’aider à la compréhension du comportement du serial killer.

La focalisation interne à la première personne cerne les pensées et les actes de Martin Plunkett, personnage principal de Un tueur sur la route. Mais de là à supposer que ce meurtrier sorti de l’imagination de l’auteur ait tous les traits du serial killer moyen, c’est un pas que je me garderais bien de franchir. Si ce serial killer nous paraît si réel c’est d’abord grâce à la force d’évocation de James Ellroy. Et avant d’avoir les traits du portait robot du serial killer américain, Martin Plunkett a d’abord les traits du meurtrier des romans de James Ellroy. Dans Lune sanglante, on retrouve déjà ce type de personnage marqué dans sa jeunesse par une humiliation sexuelle. De même que les flics des romans d’Ellroy ne ressemblent pas plus aux flics américains que Maigret aux commissaires français. Les flics d’Ellroy ressemblent d’abord aux flics d’Ellroy : toujours sur la tangente entre le bien et le mal, ce roman l’illustre aussi assez bien.

Ce sont des fresques historiques telles que celle du Quator de Los Angeles nous dépeignant la vie américaine après-guerre, qui ont assuré le succès de James Ellroy en Europe. Si Un tueur sur la route était le journal d’une époque, ce serait d’abord celui des années 70, celui du développement d’une police interétats : la division des polices sur le territoire américain conduit une partie du fil de l’intrigue.

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