Le biopic ou le syndrome Mireille Dumas – vie privée/vie publique

edgarhooverJ.Edgar de Clint Eastwood

Avec l’ami Clint, c’est réglé comme du papier à musique : un film sur deux est un film oscarisable. Réveillez-vous, c’est donc le bon film, après la déception d’Au-delà, on nous le promet, cette année c’est un bon cru.

Clint Eastwood nous offre donc un biopic de John Edgar Hoover. En bon scénariste américain, Dustin Lance Black tente d’éclairer la vie publique de Hoover avec les éléments de sa privée, de nuancer les critiques à l’égard de sa fonction publique en dévoilant des pans de sa vie intime. Ainsi d’un côté, le film dénonce les chantages de Hoover à l’encontre de personnalités politiques qui se succèdent et de l’autre, sous prétexte de faire un portrait tout en nuance du chef du FBI, on montre l’homme se travestir. Puis le film semble vouloir contrebalancer le racisme de Hoover par la difficulté de vivre son homosexualité cachée.

À vouloir à tout prix affiner un portrait, le nuancer, le film finit par utiliser la recette éculée de la confrontation entre la vie publique et la vie privée de l’homme de pouvoir. L’histoire du FBI était pourtant suffisamment intéressante pour développer le sujet sans avoir à placer à tout prix un passage larmoyant.

On peut déjà annoncer les scénarios des prochains biopics qui utiliseront les mêmes grosses ficelles : Joseph, le dictateur soviétique et le mari dont la femme se suicide mais également Winston, le premier ministre britannique et l’enfant délaissé par ses parents ou encore Nicolas, le président et l’enfant qui rêvait d’avoir une Rolex.

Et pour confronter la fiction aux documents historiques, une archive de l’INA :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.