Archives pour l'étiquette cinéma

Speak Low

phoenixUn standard de jazz est revenu faire une petite apparition dans notre paysage musical grâce au film de Christian Petzold, Phoenix.

Speak Low de Kurt Weill est non seulement le thème principal du film qui revient à travers la basse de Charlie Haden mais également au cœur de l’intrigue : la chanson est un souvenir heureux de l’époque où un ancienne chanteuse déportée, Nelly Lenz, accompagnait son compagnon pianiste.

Dans ces décors de Berlin de 1945 en cendres où les chansons de Brecht & Weill auraient eu toute leur résonance, le réalisateur a préféré insister sur la mélancolie de Nelly à la recherche de son passé, de l’homme qui peut-être l’a trahie mais qu’elle aime encore.

Si la chanson Speak Low évoque la fragilité de l’amour, le titre est inspiré d’une réplique de Don Pedro dans Much Ado About Nothing (Beaucoup de bruit pour rien en français) de Shakespeare : « Speak low if you speak love » (Acte II, scène 1)

Speak Low, classé 140ème sur JazzStandards.com, confirme donc son statut de standard. Pas de reprise révolutionnaire, mais une utilisation adroite du thème de la chanson au service de l’intrigue du film.

Faire la nique au cerveau

Un labo allemand a sorti l’étude dont rêvaient les ligues de vertu américaines : « la pornographie serait néfaste pour le cerveau ».

Nous avons constaté un lien négatif significatif entre le fait de regarder de la pornographie pendant plusieurs heures par semaine et le volume de matière grise dans le lobe droit du cerveau.

Je vois ce résultat comme un vibrant hommage à l’une des meilleures comédie de Woody Allen : Tout ce que vous toujours voulu savoir sur le sexe sans jamais oser le demander.

Igor a également été la victime consentante d’une telle expérience scientifique : le cerveau n’a pas résisté à un orgasme de quatre heures.

 

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Commander

Heimat : le rêve puis l’exode

21040232_20130913160307939Prendre la route, quitter les siens, son pays et s’installer à l’autre bout du monde. Comment germe cette idée si folle que des familles mettent leur vie en péril dans pareille aventure ? C’est la question tristement d’actualité que pose Edgar Reitz dans son diptyque Heimat I- Chronique d’un rêve II- L’exode. Dans la Prusse de 1842, le film dévoile un point aveugle des fictions et de l’actualité. La représentation de l’émigration est trop souvent limitée au passage d’une frontière, ou à une partie de cache-cache avec les autorités. Rarement on s’attarde sur cette idée qui germe : il serait possible de vivre mieux ailleurs. Pas encore tout à fait un rêve, mais déjà une envie.

Dans son village, Jakob découvre les récits des premiers aventuriers au Brésil, et sa passion pour les langues indiennes. Sa famille retiendra que l’Amérique du Sud est le pays où les roses éclosent en hiver. Et ces idées de traversées de l’Atlantique se transmettent bientôt à un ami, à un frère. Mais dans un retournement tragique, Jakob apprendra que certains rêvent ne se partagent pas, tous les enfants ne peuvent pas s’exiler.

La naissance de ces rêves, tout comme cette humanité curieuse du monde et avide d’espoir sont occultés dans le spectacle que l’on nous offre des rescapés du naufrage de Lampedusa. C’est l’une des qualités de ce film que de réaffirmer la grandeur de cette expérience humaine, l’exode, aboutissement d’un rêve.


Heimat :Chronique d’un rêve Bande-annonce